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Mageia 2 - 1e partie

J'ai rédigé un article sur Mageia 2, paru dans le magasine "PHP solutions" de septembre 2012 (n°09/2012 (68)). Conformément aux accords passés avec l'éditeur, voici l'article, un mois après sa parution sur papier.


La communauté Mageia a sorti la seconde mouture de sa distribution GNU/Linux, en mai 2012. Ce sera la première vraie version totalement issue de cette nouvelle communauté. La précédente version (Mageia 1) était une personnalisation de la distribution Mandriva Linux 2010.1 avec une mise à jour. Cependant tout ce dont nous voulions était déjà là, parfaitement fonctionnel. Désormais la communauté Mageia nous gratifie d'une vraie distribution entièrement « sauce Mageia », codée et peaufinée par elle, pour les architectures 32 et 64 bits. Étudions cette nouvelle distribution.


De Mandriva à Mageia

La communauté Mageia est née, en septembre 2010, d'un profond désaccord entre les développeurs de la distribution Mandriva Linux et la société éponyme. En bref, les développeurs et beaucoup d'utilisateurs Mandriva reprochaient à la société Mandriva de penser trop à l'aspect commercial au détriment de la qualité du développement. Il est vrai que la société, alors au bord de la faillite (la situation actuelle n'est finalement guère mieux!), licenciait la plupart des développeurs pour se restructurer.

Évidemment, personne n'aime perdre son travail ! Mais ces développeurs tenaient fortement à leur création et ne jugeaient pas la société Mandriva Linux capable de maintenir cette distribution Mandriva. Aussi ces développeurs ont créé un fork de Mandriva rapidement rejoints par beaucoup d'utilisateurs de Mandriva, des utilisateurs eux aussi déçus et inquiets pour leurs distribution préférée. Parmi les griefs des utilisateurs : l'impression d'être traité comme des vaches à lait (disparition de tout avantage au statut de contributeur financier), baisse radicale de la qualité, absence de réelle communication digne de ce nom !

Pour créer le fork de Mandriva, une association de type loi 1901 (donc statuts déposés en France) a été créé sur la base de « contributeurs reconnus et élus pour leur travail » au sein de la distribution Mandriva. Une association à but non lucratif afin de ne plus dépendre d'aspects économiques, donc être délié de toute société commerciale.

« Au delà d'un système d'exploitation libre, sécurisé, stable et pérenne, l'objectif est d'établir une gouvernance stable et légitime autour d'un modèle collaboratif. » (source : www.mageia.org). On l'aura compris, le but est d'assurer la continuation de la distribution Mandriva sous le nom de Mageia selon les critères suivants :
  • totale liberté d'accès pour tous,
  • des outils de configuration totalement intégrés au système,
  • maintien d'un haut niveau d'intégration entre le système de base, le bureau (KDE, Gnome) et les applications, tout en intégrant les logiciels tiers (même propriétaires),
  • ciblage de nouvelles architectures matérielles et des plate-formes,
  • amélioration de la compréhension des machines.
Le nom de ce fork : Mageia, ce qui signifie « magie » en grec. Un trai d'humour en souvenir du premier nom de la distribution Mandriva qui s'appelait Mandrake, célèbre magicien de bandes dessinées, jusqu'à la plainte des ayants droits de la BD.

Pour terminer cette genèse, sachez qu'un fork est le développement d'une application ou d'un système d'exploitation sur les fondations du code existant, mais sous un nouveau nom (et donc un nouveau logo). Généralement, un fork nait soit à l'issue d'un désaccord, soit pour reprendre la continuation d'une application ou d'un système d'exploitation plus ou moins abandonné. Un fork implique de posséder le code source et, de ce fait, les forks ne naissent que dans le monde open-source (problème de droit de propriété oblige dans le monde propriétaire).



Le développement de Mageia

La version en développement est nommée « Cauldron » chez Mageia. Quand on fait de la magie, il est quand même tout à fait normal d'utiliser un ... chaudron pour s'exercer ! N'est-ce pas monsieur Potter ? Chaque cycle de développement durera 9 mois, de quoi équilibrer mise à jour et stabilité, innover et finaliser. Un cycle de développement est découpé en plusieurs périodes (Alpha 1 et 2, Beta 1, Version freeze, Artwork freeze, i18n freeze, Beta 2 (voire 3), Releases freeze, Release candidate (RC) et Final Release).
Chaque version sera supportée 18 mois. A terme, peut-être verrons-nous une version LTS (Long Time Support) de 3 ans ?


A suivre dans le chapitre suivant l'installation.

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